En quoi consiste la capitalisation d’expériences ?

Savoir tirer des leçons des expériences constitue un avantage concurrentiel indispensable : amélioration des pratiques, constitution d’une mémoire institutionnelle et inspiration des politiques. La gestion des savoirs constitue un important enjeu de développement des organisations et des projets de développement: la capitalisation d’expériences

Le savoir-faire des ressources humaines stimulé par l’exigence d’amélioration continue des pratiques et des process fait de l’expérience un capital inestimable.

Les populations africaines sont confrontées aux défis de l’agriculture et de la santé et sont exposées aux effets des changements et de la variabilité climatique. Dans la recherche de solutions accompagnée par les Etats et les partenaires au développement, elles créent de la connaissance susceptible d’être utilisée par d’autres acteurs dans le futur. Toutefois le savoir expérientiel est rarement capturé et formalisé pour une réutilisation.

La capitalisation d’expériences apparait dès lors comme une réponse pour passer de l’implicite au tacite, de l’expérience à la connaissance partageable

La capitalisation a des enjeux dans un contexte de développement

Les différents acteurs dans le domaine du développement constatent une réduction des opportunités pour le partage des expériences.

Les enjeux de la capitalisation d’expériences s’articulent autour de la conservation du capital-mémoire de l’institution, du  Développement de l’apprentissage et de la Promotion de l’identité institutionnelle. C’est véritablement le passage du savoir expérientiel à la connaissance pour l’action.

 

Il devient donc nécessaire de mettre sur pieds des activités de capitalisation des expériences, d’où l’intérêt de suivre une Formation en capitalisation d’expériences.

Cette formation aborde les objectifs de de la capitalisation d’expérience, que sont

  • Tirer les leçons pour une amélioration de la conduite des activités ou la mise en place de nouveaux projets ;
  • Inspirer d’autres acteurs de développement et de nouvelles politiques institutionnelles ou publiques ;
  • Conforter les partenaires et faciliter la mobilisation des ressources ;
  • Une valorisation des capacités à l’interne, le renforcement d’une dynamique, et un esprit de travail collaboratif ;
  • Enfin, une production et un partage de la connaissance dans le but d’améliorer des pratiques, ainsi que les théories de développement.

Qui sont les acteurs de la capitalisation d’expériences ?

Il est d’une grande importance de définir les acteurs qui apportent leur participation au processus de capitalisation. Le choix de ces acteurs de la capitalisation doit prendre en compte les différentes parties prenantes, de la mise en œuvre de l’expérience.

Mais avant, il faut prendre soin de préciser dans la méthodologie de capitalisation des expériences la typologie des acteurs à prendre en compte : bénéficiaires, partenaires de mis en œuvre, équipe de projet, etc

Il est à noter que tous les acteurs ne vont pas participer de la même façon tout au long du processus. L’implication de chacun des acteurs va dépendre des informations pertinentes devant être générées à son niveau et à chaque étape du processus de capitalisation. Il faut donc prendre en compte cette dimension dans la Formation en capitalisation d’expériences, pour une facilitation du processus de capitalisation.

En effet, c’est à partir de la facilitation de ce processus que les différentes parties prenantes vont devenir des acteurs participant activement à la génération de nouvelles connaissances. C’est à partir des pratiques que les acteurs pourront acquérir de nouvelles connaissances.

Les différentes étapes de la capitalisation d’expériences

La capitalisation des expériences se fait en plusieurs étapes dont voici les plus importantes : l’identification des objets de capitalisation, la planification de la capitalisation, la capture de l’expérience à réutiliser, la valorisation par transformation en information utilisables et l’utilisation du capital connaissances.

  • Une identification de l’expérience :

Pour une bonne identification de l’expérience, il faut bien prendre en compte l’endroit où elle doit se dérouler. C’est-à-dire bien préciser la situation géographique de l’expérience. Il en est de même de la période (la durée, et depuis quand l’expérience a-t-elle été mise en œuvre), ainsi que le contexte (le cadre dans lequel s’insère l’expérience capitalisée).

D’autres points sont également à prendre en compte pour une bonne identification de l’expérience. C’est le cas de la problématique, des liens avec d’autres initiatives similaires, des objectifs, etc.

  • La planification :

Avant de procéder à une capitalisation d’expériences, il faut penser à mettre en place un travail de planification. Ce qui fait l’importance du manuel de capitalisation des expériences. En effet, c’est un travail qui vise à préciser et à déterminer certains aspects clés avant le démarrage du processus.

Le repérage est également à prendre en compte. Il s’agit d’un travail exploratoire permettant aux acteurs qui sont concernés par le processus de capitalisation d’être d’accord sur le domaine sur lequel va porter la capitalisation.

Il s’agit d’une étape importante qui peut faciliter la réussite des autres étapes. Il faut également penser à une définition des objectifs de capitalisation grâce à la Formation en capitalisation d’expériences, pour une meilleure performance des acteurs du processus de capitalisation. Vient enfin l’étape de la planification opérationnelle qui consiste à faire le point sur les aspects pratiques pouvant faciliter la conduite de la capitalisation.

  • Capture de l’expérience :

La capture de l’expérience consiste en un approfondissement du travail d’identification de l’expérience. Il s’agit d’effectuer une description détaillée des activités qui ont déjà été menées. C’est une phase qui se déroule en 2 étapes :

    • Une présentation détaillée des acteurs parties prenantes à l’expérience, de l’approche méthodologique ainsi que des différentes étapes marquantes de l’expérience ;
    • Une description des différentes activités et des effets induits.

C’est la phase de la description de l’expérience qui décrit l’ensemble des actions qui vont dans le sens de la mise en œuvre de l’expérience, des résultats atteints, et des effets inattendus.

D’autres points sont également à prendre en compte lors de la capitalisation des expériences des projets et programmes. Il s’agit d’une analyse de l’expérience, d’une présentation des résultats de la capitalisation, d’un partage des connaissances, et enfin du suivi-évaluation du processus de capitalisation.

  • La valorisation par transformation en informations utilisables :
    • La valorisation des acquis de la capitalisation passe par les échanges avec les acteurs sur les produits de la capitalisation à travers des ateliers de restitution et de partage, des foires aux savoirs, des sessions de formation et des animations dans les réseaux sociaux.
    • Ces activités peuvent être soutenues par l’édition d’un rapport de capitalisation, de policy briefs, la conception et la réalisation de films de capitalisation (production de vidéo ou Films documentaires)
  • L’utilisation du capital connaissances :

Le capital connaissances ainsi constitué peut servir de ressources pour l’évaluation d’un projet mais aussi l’amélioration des processus pour le développement de l’efficacité organisationnelle dans une perspective de passage à l’échelle. Il peut également être source d’argumentaire pour le plaidoyer et la mobilisation de ressources.